AVC Pédiatrique

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) peuvent survenir à tout moment de la vie d’une personne, de la petite enfance à l’âge adulte. Un AVC survient quand la circulation normale du sang vers le cerveau est interrompue, soit par l’occlusion ou par la rupture de vaisseaux sanguins. Quand une partie du cerveau cesse de recevoir son apport habituel de sang transportant les substances nutritives vitales et l’oxygène, les cellules cérébrales meurent et provoquent une perte des fonctions cérébrales.

L’âge d’un enfant au moment de l’AVC peut faire une grande différence dans la façon dont les médecins identifient et traitent le problème. Un AVC peut survenir chez trois groupes d’âge :

  • en phase prénatale, ou dans l’utérus
  • pendant les 28 premiers jours de vie, chez le nouveau-né
  • pendant l’enfance, jusqu’à l’âge de 16 ans

La localisation de l’AVC à l’intérieur du cerveau aide à déterminer l’étendu des dommages ainsi que des séquelles, le cas échéant.

On distingue l’AVC hémorragique et l’AVC ischémique :

– Les accidents hémorragiques sont causés par la rupture d’un vaisseau sanguin, souvent endommagé ou en mauvais état, causant une pression sanguine excessive. Il existe deux types d’hémorragies ;

  • L’hémorragie subarachnoïde qui consiste en un saignement incontrôlé à la surface du cerveau, dans la région située entre le cerveau et la boîte crânienne.
  •  L’hémorragie intracérébrale qui survient lorsqu’une artère située à l’intérieur du cerveau se rompt.

L’hémorragie peut être causée pour plusieurs raisons :

  • La rupture d’un anévrisme artériel. L’anévrisme se définit par une dilatation localisée de la paroi d’une artère, aboutissant à la formation d’une poche de taille variable. Lorsque cette poche se perce, le liquide interne se propage dans les tissus du cerveau.
  • Une malformation des vaisseaux sanguins du cerveau (Malformation artérioveineuse  – MAV), habituellement présente dès la naissance et qui affaiblit les parois des artères. Si la paroi d’une artère est affaiblie, le sang peut s’accumuler dans la paroi et provoquer un ballonnement (anévrisme). Si la pression augmente, cet anévrisme peut se rompre et en pareil cas, deux problèmes surgissent. D’abord, le sang s’écoule au mauvais endroit dans le cerveau et ensuite, le sang n’atteint plus sa destination, ce qui prive cette partie du cerveau d’oxygène et de substances nutritives.
  •  Une tumeur au cerveau
  •  L’abus de drogues ou d’alcool chez la mère (rare)

– Les accidents ischémiques sont dus à l’occlusion d’une artère cérébrale ou à destination cérébrale (carotides ou artères vertébrales). Une partie du cerveau partiellement privée d’oxygène et de glucose souffre alors d’un infarctus cérébral autrement définit par la mort brutale et massive de ses cellules.

L’artère est un vaisseau qui conduit le sang du cœur aux autres tissus de l’organisme dont le cerveau. Lorsque celle-ci se bouche, cela provoque la mort lente des parties irriguées par l’artère.

 

L’AVC ischémique périnatal

La période périnatale est celle durant laquelle l’enfant est le plus à risque d’un AVC. Cette période débute environ à mi-parcours de la grossesse et se poursuit jusqu’à 28 jours après la naissance. Trois différents types d’AVC ischémique peuvent survenir durant la période périnatale :

1. Ischémie artérielle du nouveau-né

Ceci est un blocage soudain d’une artère qui empêche le sang d’arriver dans un

secteur particulier du cerveau. Ceci survient habituellement dans la période entourant la naissance. Les troubles convulsifs au cours des premiers jours de vie convainquent les médecins de demander une image du cerveau afin de confirmer le diagnostic.

2. Ischémie périnatale présumée

Les bébés victimes d’un AVC avant la naissance ou qui n’ont pas de troubles convulsifs à la naissance paraissent complètement normaux puisque le cerveau vient à peine de commencer à se développer. Les signes de l’AVC apparaissent plus tard. Les parents constatent une faiblesse d’un côté du corps ou une préférence manuelle claire vers 4 à 6 mois. Une imagerie du cerveau permet de confirmer l’AVC périnatal.

Les deux types courants d’ischémie périnatale sont :

2a. L’ischémie artérielle périnatale présumée

Un blocage soudain d’une artère dans le cerveau cause l’AVC; il est similaire à l’ischémie artérielle du nouveau-né sauf en ce qui concerne l’âge auquel les signes sont reconnus.

2b. L’infarctus hémorragique périventriculaire

Ce type survient habituellement durant la grossesse ou chez les enfants prématurés. Un groupe de vaisseaux sanguins qui alimente le cerveau commence à saigner. Le sang dans les ventricules exerce une pression sur les veines contiguës qui doivent drainer le sang de cette partie du cerveau; la pression cause un blocage. Il s’ensuit des lésions des faisceaux qui commandent les mouvements et une faiblesse du côté opposé du corps, constatée durant la première enfance.

 

Un AVC ischémique est habituellement causé par un caillot sanguin à l’intérieur du cerveau. Les principaux facteurs de risque associés aux AVC ischémiques chez les enfants sont les suivants :

  • Maladies du cœur Quand un enfant nait avec une maladie cardiaque (cardiopathie congénitale), ses risques de subir un AVC sont plus élevés. Les maladies du cœur, comme les rhumatismes cardiaques, peuvent aussi être contractées plus tard au cours de l’enfance. L’AVC n’est habituellement pas le premier signe de maladie cardiaque. Souvent, des maladies cardiaques ont déjà été diagnostiquées chez l’enfant avant que ne survienne l’AVC.
  • Troubles de coagulation du sang Les troubles de coagulation du sang, aussi appelés troubles prothrombotiques, peuvent faire épaissir le sang de l’enfant et favoriser une coagulation plus rapide. Ces troubles peuvent être présents à la naissance ou acquis plus tard. Un enfant peut naître avec une mutation génétique qui fait que son sang coagule plus rapidement. L’AVC est souvent le premier signe d’un trouble de la coagulation. Certaines maladies comme la méningite, le sepsis, la diarrhée, la déshydratation ou une carence de fer peuvent aussi entraîner un trouble de coagulation.
  • Irrégularité des artères Un enfant peut aussi subir un AVC parce que les artères de son cerveau sont irrégulières ou rétrécies. Ce problème s’appelle artériopathie. Souvent les enfants naissent avec ce problème et celui-ci n’est souvent pas détecté. Les enfants aux artères irrégulières doivent être surveillés de très près par leur équipe clinique d’AVC parce que 25 % d’entre eux subiront un nouvel AVC.
  • Virus Les AVC peuvent aussi être causés indirectement par un virus. Un des coupables chez les enfants est le virus de la varicelle. Une fois l’enfant infecté, ce virus demeure latent dans l’organisme. S’il est activé, il peut attaquer une artère du cerveau.
  • Autres facteurs de risque Les enfants courent aussi des risques accrus de subir un AVC s’ils affichent l’un ou l’autre des facteurs de risque suivants :
    • chirurgie cardiaque ou cérébrale
    • maladie de Moyamoya
    • drépanocytose
    • maladie auto-immunitaire qui attaque les artères du cerveau
    • traumatisme cérébral ou cervical
    • leucémie
    • migraines avec aura
    • maladie métabolique

 

Le nombre d’enfants chez lesquels on a diagnostiqué un AVC est en croissance (environ 500 infarctus par an) mais :

Seulement 20 % des AVC pédiatriques ont une cause connue …

Et …. 70 % des enfants gardent des séquelles.

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