Dyspraxie

Dyspraxie : défaut d’automatisation de la séquence gestuelle (de la bouche, des jambes, des mains et/ou des yeux).

Il existe différents types de dyspraxies. On distingue :

– les dyspraxies gestuelles qui touchent les imitations de gestes, les gestes utilitaires avec ou sans outil, mais aussi l’habillage, les gestes du repas, et parfois aussi les enchaînements nécessaires au contrôle de la bouche, de la mastication et de la parole (ou praxies bucco-faciales) (voir la fiche Dysphasie)
– les dyspraxies constructives qui entraînent une difficulté ou une incapacité à reconstituer un tout cohérent à partir d’éléments épars, soit dans l’espace comme dans les puzzles ou les constructions de cubes (en 3D), soit sur la page (en 2D) pour dessiner, relier des éléments (tableaux), tracer des lettres, disposer des opérations ou tracer des figures. Deux cas de figure se présentent :
• Soit le modèle visuel n’aide pas la réalisation, voire l’aggrave : c’est une dyspraxie constructive visuo-spatiale, les stratégies du regard et l’analyse visuo-spatiale qui permettent normalement de repérer des éléments dans l’espace ne sont pas fiables et rendent improbable la prise des renseignements.
• Soit le modèle visuel aide à la réalisation : c’est une dyspraxie constructive non visuo-spatiale.

Cette distinction a une importance majeure pour le type d’aide le plus efficace à apporter : soutien verbal sans modèle visuel dans la dyspraxie constructive visuo-spatiale, modèle visuel et spatial dans le second cas.

 

Les enseignants sont souvent les premiers à repérer des difficultés des réalisations en classe chez un enfant vif, intelligent qui parle bien.

Dès la maternelle, le graphisme est décrit comme pauvre, mal structuré et semble témoigner d’une « immaturité », les dessins sont « brouillons, peu soignés » ; il ne parvient pas à faire le rond à 3 ans, la croix, le bonhomme têtard vers 3ans1/2-4ans, le carré à 4 ans, les boucles et les lettres. Les activités de collage, découpage, coloriage sont très en dessous de ce qui est attendu.

En dehors de l’école, ces enfants sont souvent très lents dans les actes de la vie quotidienne, dans l’habillage avec des erreurs sur le sens des vêtements, le chaussage (erreurs droite-gauche à 3-4ans, nœuds de lacets impossibles au delà de 7 ans), lors des repas avec des difficultés pour manipuler les couverts, pour couper la viande, pour mastiquer et avaler ; certains peuvent même avoir des difficultés pour parler, qui peuvent les rendre peu compréhensibles alors que leur pensée va vite (voir la fiche dysphasie). Ils sont fatigables au fil des tâches et de la journée. Ils sont souvent remarqués pour leur maladresse avec les objets. Certains sont parfois également gênés en motricité globale, lents, « patauds » pour sauter, courir, faire du vélo, du foot… malgré leur envie de participer.

D’une façon générale, les enfants avec une dyspraxie préfèrent les activités de langage (histoires écoutées ou créées, télévision…) aux activités de construction, puzzles, dessins. Ils ont souvent un univers imaginaire très riche.
Le diagnostic de dyspraxie repose sur :

  • les remarques de la famille,
  • les observations pédagogiques des enseignants, et leur évaluation de la lenteur d’exécution et de la fatigabilité de l’élève, du retentissement sur les tâches scolaires (graphisme, écrit, géométrie, …),
  • l’examen médical avec :
  • l’interrogatoire : antécédents personnels et familiaux, recherche active des signes d’appel, évaluation du retentissement psychoaffectif, recherche d’un trouble associé (retard d’acquisition de la lecture, troubles de l’attention, trouble du comportement)
  • un examen clinique complet et parfois des examens complémentaires (IRM, EEG) pour éliminer un autre diagnostic,
  • la synthèse des éléments recueillis par les différents bilans dont la psychométrie détaillée (échelles de Wechsler adaptées à l’âge) et les bilans para-médicaux (psychomotricité, ergothérapie, orthophonie, orthoptie) pour évaluer les difficultés gestuelles et visuo-spatiales.

Les rééducations ciblées nécessaires reposent sur :

  • la psychomotricité (schéma corporel, latéralisation, motricité globale facilitant la motricité fine),
  • l’orthoptie (stratégies du regard, analyse visuo-spatiale),
  • l’ergothérapie (coordination oeil-main, précision du geste, outils adaptés pour faciliter l’autonomie, mise en place et apprentissages de matériels et techniques spécialisés),
  • l’orthophonie (dyspraxie bucco-faciale, dyslexie, trouble logico-mathématique, trouble associé du langage).

Parfois les troubles réactionnels demandent à être pris en charge, sans toutefois retarder les rééducations qui prennent du temps et gagnent à être placées le plus souvent possible en partie sur le temps scolaire à cause de la fatigabilité de l’élève.

 

La dyspraxie expliquée par Timothé dyspraxique

L’an dernier Timothé entrait en 5me, il a décidé de réaliser un exposé pour expliquer à ses camarades de classe et professeurs ce qu’était la dyspraxie…. voici la présentation de son exposé.

http://www.chrysalide.info/wp-content/uploads/2012/09/expos-de-rentre-timothe-01-2012.pdf

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